Jeomauto s’est mis à la page en célébrant lui aussi un mariage pour tous. Se sont présentés devant nous un moteur de Yamaha 500 RD/LC ( V4 2 temps) qui voulait épouser en justes noces un cadre d’Aprilia 1 000 Falco. Dans la version féminine, on peut aussi marier une partie-cycle et une motorisation.
Les deux prétendant(e)s ci-dessous.

Une Aprilia 1 000 Falco, équipée originellement d’un V twin 4 temps.

Un moteur de 500 LC, qui n’a pas franchement le même gabarit que celui qu’il remplace (en fait, ce sont des secondes noces).
Si l’alliance s’est faite en douceur, les époux ont malgré tout pris le temps de se découvrir. Le compte-rendu de ce projet important est par conséquent assez long.
Le propriétaire ou l’entremetteur qui a arrangé cette union avait procédé aux fiançailles. Pour vérifier la faisabilité de la chose, il a positionné le moteur dans le cadre et l’a tenu en place avec des cornières en alu et de la boulonnerie en provenance directe de la plus proche grande surface de bricolage. Avantage de la méthode, on sait que ça passe, à un détail près : l’axe de kick et son carter. Mais d’après les estimations du donneur d’ordre : ça doit passer.


Vues de profil et de dessus du moteur pré-positionné dans le cadre.
La matière première se compose de plaques pour les pattes moteur et de tubes carrés pour les berceaux. Tout en alu de nuance 6082, facilement cintrable et soudable. Les tubes et les barres carrées viennent d’Angleterre.

Les pièces sont arrivées avec des ébauches de gabarit pour les pattes moteur, à gauche sur la photo. A droite, les rectangles d’alu taillés dans la grande plaque précédente qui attendent de prendre forme.

Une des étapes du fraisage des pattes arrière inférieures.

Les mêmes au cours d’une des vérifications en situation.

Détail des pentes qui contournent le cordon de soudure du cadre.

Ebauche d’une des pattes supérieures dont l’une est obligatoirement démontable. Ce serait ballot de devoir couper puis ressouder à chaque dépose du moteur …

Les deux jeux de pattes (inférieures et supérieures) avant soudure.

Les pattes ont toutes été pointées moteur en place. Le groupe a ensuite été déposé pour finir les soudures. Ici les pattes inférieures soudées à la traverse.

Repose du moteur qui ne tient que par les pattes arrière (supérieures et inférieures). Le moteur de la Falco est accroché aussi par le haut, ce qui n’est pas prévu sur le Yam’ qui aura besoin de berceaux.

Ebauche des berceaux en veillant à ce qu’ils ne gênent pas la mécanique (carbus, commandes de valves d’échappement, etc.).

Détail de la liaison berceau/moteur

Les berceaux doivent être démontables. A ce stade du projet ils ne sont pas franchement rigides par rapport au cadre.

Découpe du cadre pour créer une zone d’accroche pour le berceau.

Fraisage des pièces et vérification de leur fonctionnalité.

Détail des pièces fabriquées pour l’arrière gauche du berceau.

Début des soudures sur le cadre. On aperçoit aussi à droite de l’arbre de sélecteur la patte qui a été précédemment soudée sur le cadre.

Fraisage des pièces qui seront soudées au cadre pour l’accroche supérieure des berceaux. Il n’y a pas d’illusion d’optique, la pièce est bien inclinée selon trois axes.

Les encoches à gauche épousent les pentes du longeron du cadre. La pièce de droite s’emmanche dans le tube du berceau avant d’y être soudée.

Présentation en place avant soudure. Entre temps les berceaux ont subi plusieurs cintrages dans trois plans différents.

Soudures effectuées dans la zone supérieure des berceaux.

Nouvelle dépose du moteur, puis ablation des restants des anciennes fixations que le propriétaire avait imagine ré-utiliser en partie.

Autre vue de la partie supérieure des berceaux démontables. La partie fixation moteur est terminée.

Reste un détail à régler : le kick. Le propriétaire rêve d’un démarreur électrique, pas simple à adapter et en son absence refuse de démarrer à la poussette.
Problème, si le mécanisme de kick passe avec les découpes exécutées par le donneur d’ordre, le carter qui recouvre le tout ne passe pas, lui. Le cadre va devoir laisser encore quelques plumes dans l’affaire.
Une vue de l’avant vers l’arrière.

Une autre en latéral, qui a déjà nécessité le retrait d’un bout du cadre pour laisser passer l’arbre de kick. Pour le carter, restent deux solutions :
- découpe selon le trait vert pour garder la possibilité de sortir le couvercle d’embrayage moteur en place dans la cadre. Osé ;
- découpe selon le trait bleu, le couvercle passe, mais ne sort pas moteur en place. Raisonnable au plan des agressions sur le cadre.

Après découpe sensiblement selon le trait bleu et vue de l’intérieur.

Pour compenser la perte de rigidité due aux découpes, l’intérieur des nervures est caissonné avec de la tôle d’alu.

Re-re-re-repose du moteur dans le cadre, cette fois avec son couvercle d’embrayage.

D’autres photos du travail commandé et terminé. Au total, il aura nécessité environ 60 heures de labeur.




