Cet ensemble est une co-production, entre le propriétaire qui a pris en charge la conception, la découpe et la mise en forme des pièces, ainsi que les travaux de tournage. Votre serviteur s’est chargé des soudures et du fraisage.
Sur ce genre de pièce un peu complexe, il est prudent de commencer par une étude. Ce qui fut fait sous forme de ces plans à l’échelle 1.

En pièces issues de tournage on trouve :
- flèches rouges, les deux supports de roulement, contenant pour l’heure de faux roulements insérés comme anti déformation et guides d’alignement ;
- flèche bleue, la partie centrale, d’épaisseur beaucoup plus fine.
En principe, il est mieux de tout souder d’abord et d’usiner ensuite. Les lois sont faites pour être contournées, n’est-ce pas ?

Bridage des bras sur le support d’axe avant, l’écartement à l’arrière est réglé selon la cote du plan. On ne la retrouvera évidemment pas après, car même en bridant solidement et en faisant attention à la séquence de soudure, les tensions générées déforment l’ensemble.

Les bras soudés sur le cylindre avant.

Ajout de la traverse et retour chez le propriétaire qui reprend ses travaux de découpe et de cintrage. L’existant revient accompagné d’une partie de ce qui lui manque, sous forme de pièces détachées.

Bridage et pointage des attaches du basculeur.

Les soudures entre les deux nervures sont délicates et pour tout dire exécutées dans de mauvaises conditions.

Réalisation d’une partie du caisson avant.
Mise en place et soudure des « mains ».

Mise en place et soudure de l’arceau.
La flèche rouge sur la première photo désigne une partie qui a été usinée parallèlement à l’axe, avant la suite. La photo de cette phase a été oubliée, dans le feu de l’action.

Toutes les soudures étant terminées, on procède à un redressage sommaire pour s’approcher des cotes prévues. Là aussi, pas de photos, qui n’avaient pas grand intérêt de toutes façons.
La bonne géométrie de l’ensemble va être donnée par tous les travaux de fraisage qui suivent. Et « la bonne géométrie », c’est que tout soit calé par rapport à l’axe de pivotement du bras. C’est pourquoi, dans tous les bridages qui vont suivre, c’est toujours l’axe qui servira de référence.
La fraiseuse utilisée, « Mâme Gambin » qui a la bonne grâce de proposer une grande distance entre la table et la broche, pour permettre de monter assez facilement le bras.

Première mise en place du bras, à l’avant on installe des vés contre une équerre perpendiculaire à la table, pour matérialiser l’axe du bras. L’expression du fraiseur philosophe « le fraisage c’est l’art du bridage » va trouver son sens.

A l’arrière, une barre rectifiée calée bien à l’horizontale et donc parallèle à l’axe du bras logé dans les vés. Cette règle va accueillir la surface usinée des mains, qui était désignée plus haut par une flèche rouge.

Usinage du dessous des mains, en respectant une cote par rapport à l’axe du bras.

Même bridage, basculement à l’horizontale de la tête de la fraiseuse et usinage de l’arrière des mains, là aussi en respectant une cote par rapport à l’axe.

Pas de photo exacte du contrôle de la cote, il aurait fallu se transformer en déesse hindoue. Il a été fait avec ce grand pied à coulisse.

Toujours le même bridage, ainsi les différentes faces usinées sont géométriquement correctes, « à la géométrie de la machine près ». Dès qu’on démonte et remonte, on génère des erreurs. Aussi petites soient elles parce qu’on prend plein de précautions, elles s’additionnent. La bonne pratique veut qu’on recale un minimum de fois.
Fort de ce principe, on re-bascule la tête de la fraiseuse, on change de fraise et on se prépare à usiner les parties verticales des mains.

Il arrive un moment où les capacités de la machine ne permettent plus d’usiner tout en un seul montage. On est obligé de procéder à une reprise.
Toujours l’axe de bras qui sert de référence via les vés. Ceux-ci on été calés contre l’équerre en fonte à gauche. Le calage est terminé par le contrôle au comparateur de la partie usinée précédemment sur la main (flèche rouge).

Rappel de la cote du centre des usinages qui recevront l’axe de roue et les coulisseaux de tension de chaîne.

Repérage grâce à une « pinule » (flèche rouge) de la position des faces arrière et inférieure des mains (flèches jaunes).

Ces valeurs sont mises à zéro dans la visu qui mesure les déplacements de la table.

Travaux d’ébauche avec une fraise à grosses dents qui fait rapidement des gros copeaux.

Finition de la lumière de l’axe et des surface de guidage des coulisseaux .

L’ensemble est ensuite retourné et calé de la même façon pour usiner l’autre côté à l’identique.
Une dernière vue du bras terminé.



























