Les grands couteaux de cuisine courants présentent souvent ce défaut : la lame manque de hauteur et la main touche la table.

L’atelier disposant de matériel pour travailler les métaux, la fabrication d’un couteau plus grand a été entreprise. L’acier choisi est du 100C6, le même que celui des roulements. Après quelques recherches, il a été possible d’en trouver en tôle.

Etau inclinable pour l’ébauche de l’émouture (la partie coupante, amincie).

Le début sera fait à la meuleuse d’angle, la demi finition sur cette affûteuse.
![PH 06 RD800 IMG20230517203028[12189]](http://pierre95400.free.fr/wp-content/uploads/PH-06-RD800-IMG2023051720302812189.jpg)
Premières opérations sur les plaques de la poignée, en aluminium.

Le four qui va assurer le traitement thermique de la lame.

Le traitement thermique, ce sont deux phases successives : la trempe et le revenu. La trempe donne de la dureté, ce qui va retarder l’usure du tranchant. Le revers de la médaille est une perte d’élasticité du métal qui devient cassant.
Pour adoucir l’effet de la trempe, on fait un « revenu ». Comme la trempe, on chauffe et on refroidit en faisant baigner la pièce chaude dans l’huile. Cependant à une température bien inférieure. Selon l’équilibre dureté/élasticité voulu, la température de revenu varie. Le fabricant de l’acier met à disposition ce graphique qui indique la dureté obtenue (HV en vertical) en fonction de la température (en horizontale). Dans notre cas, on privilégie l’élasticité, le revenu se fera à 300°.

Les forgerons mesurent les températures en maîtrisant toute une échelle subtile fondée sur l’observation de la couleur du métal chauffé. Il faut distinguer les nuances entre « rouge cerise », « jaune orangé », etc.
On peut aussi utiliser un thermomètre.

Après chauffe aux 835° conseillés + 50 pour anticiper le refroidissement entre le four et le bac à huile, la lame est trempée.

Les plaques de la poignée sont remontées et terminées en place.

L’affûtage final, façon lame de rasoir est sous-traité à « contributeur » (plaisanterie privée) Franck. Lequel a conçu et réalisé ce système pour obtenir un fil parfait.

Tentative de gros plan sur les différentes étapes de l’affûtage.

Essai en situation, on voit bien qu’au moins un objectif est atteint : la main est loin de la table. Le tranchant qui n’est pas dû à votre serviteur est juste parfait. Pas intérêt à laisser traîner ses doigts. Par contre, le poids de l’outil est excessif. Il aurait fallu une plaque moins épaisse, qui en soit n’apporte rien. Problème : le vendeur d’acier ne fournissait la hauteur souhaitée que dans cette épaisseur.









