Dans une étape précédente de sa vie, le bras oscillant dont il est question avait subi ça :

Qui avait été réparé par un ami du propriétaire de la façon suivante :

Et voici le résultat quelques temps après :

Une simple soudure, fut-elle bien exécutée ne suffit pas, voici pourquoi. C’est une question de « fesses ». Expression entendue de la bouche d’un top cador soudeur de chez Safran qui connaît très bien le phénomène du haut de son immense expérience d’une trentaine d’années.
Comment se forment les fesses ? Illustration avec la soudure bout à bout de ces deux morceaux de tube alu qui ont été coupés pour l’occasion.

On maintient les deux pièces à souder dans une presse et on fait de beaux chanfreins qui se terminent contre le diamètre intérieur du tube à ressouder.

On exécute la soudure en deux passes, décrites ci-dessous.

Un coup de meuleuse sur l’éprouvette pour voir ce qui s’est passé à l’intérieur.

Le petit morceau côté droit a fondu un peu plus que le grand mais pour autant il n’est pas allé se fondre avec son collègue. Il reste comme un fil non soudé.
En agrandissant la zone, on voit (flèches rouges) une forme de sillon inter fessier (en clair « la raie du cul »). D’où l’expression de l’expert de chez Safran qui précise bien que ce phénomène est inéluctable dans l’alu.
Idéalement, il faut ressouder cette partie par l’intérieur. Sauf que souder à l’intérieur d’un tube … Voir peut-être avec la NASA !
Cette partie inéluctablement non soudée dans la réparation effectuée par l’ami du propriétaire est probablement le point de départ de la seconde casse. C’est une faiblesse dans le métal, comme on en fait une avec une roulette dans le verre, pour le couper.
Pour éviter ça, un seule solution : renforcer. Soit avec un barreau à l’intérieur quand c’est possible. Soit comme dans ce qui suit par l’extérieur en disposant des goussets de renfort.
Au boulot ! On commence par brider le bras en position.

Chanfreins au fond de la cassure.

Ponçage immédiat de la soudure.

Patron en papier pour la forme générale du gousset de renfort.

Report de la forme sur une tôle d’aluminium.

Soudures complètement terminées.

Répétition des mêmes opérations côté intérieur du bras oscillant.

L’ensemble prêt à être remonté.

On le voit, cette méthode demande beaucoup plus de travail qu’une simple soudure par l’extérieur. Mais elle prend en compte l’effet « fesses » et les réparations effectuées ainsi n’ont à ce jour jamais été signalées comme ayant re-cassé.






