Sur les motos de course d’anciennes, le règlement autorise le montage de fourches non inversées plus récentes. Souvent, elles ont le té inférieur en acier, tout comme le tube de direction. En refaisant ces pièces en bon aluminium, comme sur une moto moderne finalement, on gagne sur l’un des ennemis N°1 : le poids.
Voici la fabrication d’une petite série de trois tés de fourche. Ca commence par un dessin coté, à l’ancienne.

La matière choisie est du Fortal, allias 7075 ou et encore à l’ancienne : AZ5GU. Peut-être l’alliage d’alu. le plus costaud.
Pour gagner un peu de temps, les pièces de départ seront issues de blocs découpés par la technique jet d’eau. Pour ce faire, il faut des plans informatisés, qui s’associent à un fichier capable de piloter la découpeuse.

Les bruts tels que livrés par Normandie aciers (si, si !). C’est assez incroyable de précision. On est à quelques dixièmes d’intervalle de tolérance.

Les premières passes sont pour déterminer un premier plan de référence, perpendiculaire aux faces brutes qui sont bien prallèles.

Même montage pour usiner les extrémités avec le côté de la fraise, puis retournement pour obtenir un deuxième plan de référence parallèle au premier.
Changement de bridage pour attaquer les alésages des tubes de fourche.

Dressage du fond du lamage qui bloquera le tube de colonne de direction. L’alésage est en réserve.

Nouvel isostatisme et pointage, perçage à cote de taraudage, lamage des trous qui recevront les vis de serrage.

On passe aux travaux d’allègement, des copeaux en perspective. Détourages autour des alésages, la fraise est arrondie en bout, pour faire un raccord doux entre le vertical et l’horizontal.

Il reste de la matière inutile en dessous. Les lumières sont faites en deux temps : d’abord à la fraise deux tailles, puis finition de la profondeur avec la fraise à rayon, toujours pour éviter les concentrations de contraintes d’un angle droit.

Des embrèvements latéraux pour grignoter quelques grammes.

Avant dernière opération avec la réalisation des fentes d’élasticité qui permettront le serrage des tés sur les tubes.

Passage ensuite par la case ajustage pour les trous lisses des vis et les taraudages
Voilà le résultat final : 3 jeux de tés destinés à aller se couvrir de gloire sur les circuits (et quand ça ne marche pas pour une raison quelconque, ça devient la glorieuse incertitude du sport) …

… et un beau paquet de copeaux (90% de cette poubelle viennent des tés). C’est comme lorsqu’on creuse la terre : en la remuant, elle prend beaucoup plus de place.
