2013/11 Fabrication et montage d’un tube de direction de 750 GPZ

Le tube de direction est enchâssé dans le té inférieur, supporte les bagues intérieures des roulements et est relié au té supérieur.
En détails, la fabrication et la mise en place de cette pièce taillée dans de l’alu qualité aviation (Forthal type 7075).
Ce barreau de 40 mm de diamètre va devenir d’une part un tube de direction, d’autre part des copeaux. Ce que c’est que le destin !

Outil carbure pour débuter, parce que ça « dépote ». Les diamètres importants sont approchés à 5/10 de mm de leur cote finale. Les autres sont finis directement, tout comme les cotes de longueur pas très précises (+ ou – 2 à 3 10èmes).

Changement d’outil pour la finition. La pastille carbure c’est bien pour les grands espaces, en association avec le pied à coulisse. Dans les phases suivantes, on va trialiser entre les centièmes avec un outil super affûté, capable de prendre une passe d’un 100ème (au rayon).
Notez les copeaux, plus fins qu’un cheveu qui fait environ 5/100èmes. Alors quand on donne comme gage de qualité que c’est « au poil de cul », la réponse vient : « pas assez précis ! » (sous réserve que ces éléments pileux soient de même diamètre, vérification non effectuée).

Pour le contrôle des cotes : micromètre (le mal nommé puisqu’il mesure seulement au centième pour celui-là).

Nouveau changement d’outil pour usiner le filetage qui recevra les écrous à créneaux (diamètre 25, pas de 1,00)

Le plus dur est fait, le reste est de la rigolade à côté. Sortie du système maison pour le tronçonnage : une meuleuse d’angle à deux ronds, un système de fixation pour l’accrocher au porte-outil du tour et le disque remplacé par une lame de scie circulaire à pastilles carbure (prévue en principe pour le bois). Un solide carter en acier de 2 mm, au cas où …

Réalisation des perçages des deux côtés, ainsi que du taraudage de la vis de rétention du té supérieur.

Mise à longueur totale par dressage des faces extrêmes.

La pièce finie, avec le détail des ajustements retenus pour les quatre parties fonctionnelles.

Changement de machine pour la dernière opération d’usinage : l’alésage sur fraiseuse du té supérieur qui recevra le tube de direction. Pour commencer, celui du dessous passe au-dessus (sympa, parfois …).
Opérations de positionnement du té supérieur avant usinage. Il est bridé sur la table. Le té inférieur est au-dessus, des ronds usinés au diamètre des tubes de fourche relient les deux tés. Le centrage de la broche est pris sur l’alésage du té inférieur qui sert de référence. Ainsi, les trois alésages sont alignés mieux qu’au poil (qui fait environ 5/100èmes, rappelons-le …).
 
Début des copeaux, le comparateur a laissé sa place à un outil.
Le té supérieur a été retiré, sans rien bouger d’autre. On aperçoit les simbleaux qui avaient aligné les deux pièces.

Contrôle de la progression du diamètre avec un micromètre d’alésage.

La suite est du travail de montage. Pour ne pas trop forcer lors de la mise en place du tube de direction dans le té inférieur (le serrage de 5 100èmes), le tube va faire un stage au congélateur.

La matériel familial est encore mis à contribution pour chauffer le té. Une heure à la température que le fabricant a prévue pour les pâtisseries et poissons. L’alu ne dégage pas d’odeur à la cuisson, lui.
Il faudrait mesurer les pièces à leur sortie, mais on peut estimer la diminution du serrage de 5/100 à froid, à environ 1 à 2/100 en température. Estimation se fondant sur le montage facilement à la massette cuivre, en tapant encore moins que pour le montage du roulement, juste au-dessus du té inférieur, qui lui est serré à 2/100.
Les deux tés assemblés avec les deux bras de fourche, posés à côté du même ensemble d’origine. Les ingénieurs qui avaient conçu la fourche de la GPZ 1983 faisaient dans le costaud : 11 kg pour un diamètre de tubes de 38. Avec les bras de 41 d’origine Thundercat datés de 2 000 environ et les pièces spécifiques, on tombe à 8 kg. C’est bon ça !
3 mm de diamètre en plus, plus de hauteur de tés et 3 kg en moins. Au passage, on déplore la perte du système anti plongée (en bas des fourreaux de la fourche d’origine) sur laquelle personne de censé ne pleurera.

Après mise en place des roulements, des écrous à créneaux de colonne et des diverses vis, la fourche rejoint son cadre.
A l’occasion, la vis supérieure sera refaite en Forthal, pour l’esthétique et les quelques grammes grignotés.